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Libération
1 août 2019

L’âme nageuse

Quitter la terre ferme, glisser sur le reflet de l’eau, l’ourler, le corps suspendu entre deux mondes, l’un liquide, l’autre aérien. Perdre pied dans la mer salée qui prend l’homme, comme dans celle, chlorée, de la piscine. Ce n’est pas aimer l’eau, c’est l’eau qui aime le nageur. Alors, revenir à la pesanteur est parfois aussi héroïque que de prendre le large.

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Nager n’est pas un sport. C’est secondaire. Une conséquence, presque un accident ; quelque chose qui arrive, finalement. Le nageur peut dire qu’il fait de la «natation». Comme il peut s’en abstenir. «Juste nager», suggère la philosophe Annie Leclerc (1). Et, parfois, nager juste, comme «les véritables nageurs d’Henri Michaux [qui] ne savent plus que l’eau mouille. Les horizons de la terre ferme le

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