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Classica
28 février 2020

GEORGE STEINER ET LE MYSTÈRE DE LA MUSIQUE

Dans son essai majeur Réelles présences, Steiner confère en effet à l’expérience musicale une véritable dimension transcendantale, une forme de communion qui confine au religieux. La musique est à ses yeux une « théologie implicite », une « unwritten theology ». Là est la clé de voûte de la pensée de Steiner sur l’art : dans le « mystère de la musique » gît la « grande force », « l’espoir d’une transcendance ». Évoquant l’expérience des camps, le survivant de la Shoah fait remarquer que, même interdite, la musique survit dans les mémoires. « On peut arrêter, torturer les musiciens, mais la musique demeure, ainsi que son étrange mystère. » En disparaissant, George Steiner nous laisse désormais en héritage la conscience aiguë de cet « étrange mystère » et la responsabilité de préserver ce qu’il appelle « le privilège de l’existence qu’est la great music ». ◆,Lou Heliot

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Dans son essai majeur Réelles présences, Steiner confère en effet à l’expérience musicale une véritable dimension transcendantale, une forme de communion qui confine au religieux. La musique est à ses yeux une « théologie implicite », une « unwritten theology ». Là est la clé de voûte de la pensée de Steiner sur l’art : dans le « mystère de la musique » gît la « grande force », « l’espoir d’une transcendance ». Évoquant l’expérience des camps, le survivant de la Shoah fait remarquer que, même interdite, la musique survit dans les mémoires. « On peut arrêter, torturer les musiciens, mais la musique demeure, ainsi que son étrange mystère. » En disparaissant, George Steiner nous laisse désormais en héritage la conscience aiguë de cet « étrange mystère » et la responsabilité de préserver ce qu’il appelle « le privilège de l’existence qu’est la great music ». ◆,Lou Heliot
Dans son essai majeur Réelles présences, Steiner confère en effet à l’expérience musicale une véritable dimension transcendantale, une forme de communion qui confine au religieux. La musique est à ses yeux une « théologie implicite », une « unwritten theology ». Là est la clé de voûte de la pensée de Steiner sur l’art : dans le « mystère de la musique » gît la « grande force », « l’espoir d’une transcendance ». Évoquant l’expérience des camps, le survivant de la Shoah fait remarquer que, même interdite, la musique survit dans les mémoires. « On peut arrêter, torturer les musiciens, mais la musique demeure, ainsi que son étrange mystère. » En disparaissant, George Steiner nous laisse désormais en héritage la conscience aiguë de cet « étrange mystère » et la responsabilité de préserver ce qu’il appelle « le privilège de l’existence qu’est la great music ». ◆,Lou Heliot

Le grand penseur européen, fin mélomane, s’est éteint à l’âge de 90 ans le 3 février 2020. Celui qui ne pouvait passer une journée sans beauté avait déclaré quelques années avant sa mort : « La musique est ma réassurance, ma survie. » George Steiner est né à Paris en 1929. Face à l’inexorable montée de l’antisémitisme, ses parents, des intellectuels juifs viennois, avaient quitté très tôt l’Autric

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